Résumé
Aurore Elise vend des produits digitaux à une audience de solopreneurs introvertis. Pour son dernier programme en ligne, elle a changé sa façon de lancer un produit. Avant, elle ouvrait directement la page de vente et envoyait une séquence d’emails sur quelques jours. Cette fois, elle a construit une liste d’attente un mois à l’avance. Résultat, dans ses propres mots : ses ventes ont été multipliées par 3 par rapport à un lancement classique.
Ce cas s’appuie sur l’article où elle détaille elle-même la méthode et les chiffres complets de ce lancement.
Pour la suivre : Le Substack de Aurore / Aurore Elise sur YouTube


Source : chiffres publiés par Aurore Elise elle-même sur son Substack, appuyés par des captures d’écran de son tableau de bord Systeme.io.

La page de vente a été ouverte le 1er mai à 11h30 et jusque minuit, 24 personnes ont déjà rejoint le programme ce jour-là.
Sur l'ensemble du lancement, du 1er au 13 mai, le total grimpe à 12 147,98€

Sur la première liste d’attente (126 personnes), 21 l’ont acheté.
Soit 17% de taux de conversion.

Sur la deuxième liste d’attente (214 personnes), 42 ont acheté.

Soit 20% de taux de conversion.
Ensuite, j’ai ouvert la page de vente officiellement à toute ma liste.
Il restait 1 676 personnes à qui je n’avais pas encore proposé le produit.
Et ici, 33 l’ont acheté. Soit 2% de taux de conversion.

Pour résumé , 2/3 des ventes ont été réalisées grâce au prélancement et le reste via le lancement classique.
Le cas en bref
Lancement de son dernier programme en ligne, “Le Petit Produit Digital”.
Avant : lancement classique, page de vente ouverte directement, séquence d’emails sur 4 à 5 jours
Cette fois : liste d’attente annoncée un mois avant, dans 4 vidéos YouTube et sa newsletter
8 emails envoyés pendant les 10 jours précédant l’ouverture officielle
Deux listes d’attente distinctes : 126 personnes ayant participé à la construction du produit, et 214 personnes simplement inscrites par intérêt
Conversion de la 1ère liste : 21 achats sur 126, soit 17%
Conversion de la 2e liste : 42 achats sur 214, soit 20%
Conversion du reste de sa liste email (1676 personnes découvrant l’offre le jour J) : 33 achats, soit 2%
Deux tiers des ventes totales sont venues du prélancement, un tiers du lancement classique
Un tiers des ventes totales réalisé dans les 12 premières heures d’ouverture (midi à minuit)
Chiffre d’affaires total du lancement (du 1er au 13 mai, période de la promo) : 12 147,98€, pour un panier moyen de 164,16€
Sur la seule journée d’ouverture (1er mai), 2100,97€ ont été encaissés
Pourquoi ce cas est intéressant
L’écart de conversion est le vrai chiffre à retenir. Il est environ 10 fois plus élevé chez les personnes inscrites à la liste d’attente que chez celles qui découvraient l’offre le jour du lancement, sans aucun contexte préalable. Le produit était identique. Le prix aussi. Seule l’anticipation construite en amont changeait.
Aurore Elise explique ce résultat par un mécanisme simple. S’inscrire à une liste d’attente est déjà une petite décision, un engagement, même minime, avant que l’achat ne soit possible. À l’inverse, une personne qui reçoit un email annonçant un produit pour la première fois doit juger l’offre en quelques secondes. Elle n’a pas eu le temps de s’y préparer.
Le cas montre aussi que le moment du lancement compte. Un tiers des ventes totales ont été réalisées dans les douze premières heures. Ça suggère qu’une partie de l’audience attendait activement l’ouverture, plutôt que de découvrir l’offre par hasard.
Est-ce que ce type de prélancement fonctionne aussi bien sur une audience plus jeune ou moins fidélisée ? Ou dépend-il d’une relation de confiance déjà construite sur la durée ?

Les piliers de cette méthode
1. Annoncer avant de vendre
Plutôt que d’attendre l’ouverture pour parler du produit, Aurore Elise a communiqué sur la liste d’attente pendant un mois. Via YouTube et sa newsletter, avant même que l’offre soit disponible à l’achat.
💡 Enseignement actionnable : annoncer un produit avant qu’il soit vendable permet de mesurer l’intérêt réel. Ça construit une audience prête à acheter, plutôt que de découvrir la demande le jour du lancement.
2. Distinguer les niveaux d’engagement de son audience
Elle a constitué deux listes différentes. Une composée de personnes ayant participé à la construction du produit, via des questionnaires et des retours. L’autre simplement inscrite par intérêt. Les deux ont eu accès à une réduction plus importante que le reste de la liste classique.
💡 Enseignement actionnable : une audience n’est jamais homogène. Distinguer les niveaux d’implication permet d’adapter l’offre et de mesurer plus précisément ce qui convertit.
3. Nourrir l’attente avant de vendre
Pendant les dix jours précédant l’ouverture, huit emails ont été envoyés à la liste d’attente. Pour créer de l’anticipation, sans vendre directement.
💡 Enseignement actionnable : l’anticipation ne se construit pas au moment de la vente, elle se prépare avant. Un tiers des ventes de ce lancement ont eu lieu dans les toutes premières heures d’ouverture.
4. Comparer les taux de conversion par segment plutôt que le résultat global
Aurore Elise a mesuré précisément trois groupes distincts. Avec des taux de conversion très différents : 17%, 20% et 2%. Plutôt que de se contenter d’un chiffre de vente global.
💡 Enseignement actionnable : un lancement qui “marche bien” dans l’ensemble peut cacher des écarts de conversion énormes entre segments. Sans les mesurer séparément, impossible de savoir ce qui a vraiment fonctionné.
La galère et les fragilités de ce lancement
1. Une liste d’attente ouverte trop tard
Avec le recul, Aurore Elise estime qu’un mois de délai était encore trop court. Pour maximiser le nombre d’inscrits à sa liste d’attente.
💡 La leçon : une méthode qui fonctionne peut quand même être appliquée trop tard. Plus de délai aurait probablement permis plus d’inscriptions, et donc plus de ventes.
2. Un manque de suivi sur l’origine des inscriptions
Elle reconnaît ne pas avoir mesuré précisément si les inscriptions à la liste d’attente venaient davantage de YouTube ou de sa newsletter.
💡 La leçon : sans suivi précis par canal, impossible de savoir où concentrer ses efforts de communication la prochaine fois.
Les briques de son tunnel
Plateforme de tunnel de vente et emailing : Systeme.io. Utilisé pour la page de vente, la liste d’attente, les tags de segmentation et le suivi des statistiques par étape
Segmentation des contacts par tags (”Liste d’attente low-ticket”, “Le Petit Produit Digital”), pour distinguer précisément les groupes et mesurer leur taux de conversion respectif
Statistiques suivies nativement dans l’outil : taux de conversion par page, valeur moyenne du panier (164,16€ sur l’ensemble du lancement), chiffre d’affaires par visiteur
Blueprint d’exécution
Étape 1 : Avant de lancer un nouveau produit, ouvre une liste d’attente plusieurs semaines à l’avance. Pas seulement quelques jours.
Étape 2 : Annonce cette liste sur ton canal d’acquisition principal (vidéo, réseau social, blog) et dans ta newsletter, à plusieurs reprises.
Étape 3 : Distingue les niveaux d’engagement de ton audience si possible. Par exemple en impliquant certains prospects dans la construction du produit.
Étape 4 : Nourris la liste d’attente avec plusieurs emails de contenu avant l’ouverture, sans vendre immédiatement.
Étape 5 : Le jour du lancement, ouvre en priorité aux inscrits de la liste d’attente. Avant de proposer l’offre au reste de ton audience.
Étape 6 : Compare les taux de conversion entre tes segments après coup. Note ce que tu changerais avant que les détails du lancement ne s’effacent.
Lexique
Liste d’attente : une liste de personnes intéressées par un produit avant même sa sortie, utilisée pour mesurer et construire l’intérêt en amont d’un lancement.
Prélancement : la période de communication et de préparation qui précède l’ouverture officielle d’une vente.
Trafic froid : des visiteurs qui découvrent une offre pour la première fois, sans relation de confiance ni contexte préalable.
Taux de conversion : la proportion de personnes qui achètent, rapportée au nombre total de personnes exposées à l’offre.
FAQ
Pourquoi la liste d’attente convertit-elle beaucoup mieux qu’un envoi classique ? Parce que l’inscription en amont constitue déjà un engagement. Ça filtre naturellement les personnes les plus intéressées, avant même l’ouverture de la vente.
Combien de temps avant un lancement faut-il ouvrir une liste d’attente ? Aurore Elise a testé un mois avant. Mais elle estime elle-même que c’était encore trop court.
Est-ce que tout le monde peut reproduire ce résultat ? La méthode s’appuie sur une audience déjà construite (newsletter, chaîne YouTube). Son efficacité dépend probablement de la relation de confiance déjà installée avec cette audience.
Ce que ça signifie pour toi
Une liste d’attente n’est pas qu’un outil de mesure de l’intérêt. C’est un filtre qui transforme une audience froide en prospects déjà engagés, avant même que l’offre existe.
Comparer les taux de conversion entre différents segments d’une audience révèle souvent des écarts. Des écarts que le résultat global d’un lancement ne montre jamais.
Et une bonne méthode appliquée trop tard reste une bonne méthode. Mais elle produit des résultats en dessous de ce qu’elle aurait pu offrir, avec plus de temps de préparation.
Et toi, ton dernier lancement, tu l’as annoncé combien de temps avant l’ouverture réelle de la vente ?
📬 La semaine prochaine dans Founder Trace
Lundi prochain, je décrypte un autre fondateur bootstrappé, avec ses vrais chiffres et sa vraie méthode. Si ce numéro t’a plu, partage-le à quelqu’un qui pourrait s’y reconnaître. À bientôt, Lucas.